Lors de la construction du réseau ferroviaire européen, on s'est tôt ou tard heurté aux montagnes, soit à l'intérieur d'un pays, soit entre deux nations. Lorsqu'il n'a pas été possible de contourner ces obstacles, on s'est attaqué de front à la difficulté et on s'est résolu à percer la montagne
à sa base, ou à une altitude relativement faible.
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Ces
tunnels ont d'abord été construits sur de faibles longueurs pour traverser
des collines. Depuis bien longtemps, on sait creuser dans la roche des trous
pour loger l'explosif qu'est la poudre noire, pour faire sauter la roche
en faisant exploser cette poudre. Les trous étaient lentement et péniblement
creusés, à l'aide d'une barre à mine tenue par un ouvrier qui la faisait
tourner tandis qu'un autre frappait sur sa tête avec sa masse. Ces souterrains
réservés aux voies ferrées ont peu à peu pris des proportions énormes. Ces
tâches n'ont pu être menées à bien que grâce à des innovations techniques dans le domaine des explosifs (dynamite) et à l'invention des perforatrices
à air comprimé, puis électriques, qui permirent de limiter les dépenses
dans l'excavation de tunnels longs de plusieurs kilomètres. |
Le premier tunnel important en Europe fut celui de Semmering, construit de
1848 à 1854 sur un kilomètre et demi de long. Il mit en communication directe
Vienne et Trieste.
Tunnel du Mont-Cenis
Ce tunnel, situé au dessous du Col de Fréjus, relie la France à l'Italie entre Modane et Bardonnèche(Bardonecchia). Il fallait une certaine audace pour vouloir percer une montagne sur une longueur de 13
kilomètres alors qu'on ne possédait que les anciens outils de forage (barre
à mine). De plus, ce tunnel s'enfonce à une profondeur de plus de 1600 mètres
sous terre. Or, la température s'élève à peu près régulièrement au fur et à mesure que l'on s'enfonce sous le sol. On s'attendait à rencontrer au milieu
du tunnel du Mont-Cenis une température si élevée qu'elle rendrait le travail
des ouvriers des plus pénibles et le ralentirait forcément.
De 1857 à 1861,
le travail traîna en longueur. Heureusement, vers 1861, un inventeur, Sommeillier,
permit réellement le percement du premier grand tunnel en imaginant sa perforatrice
à air comprimé. Grâce à elle, les ouvriers venant d'Italie et de France
se rejoignent enfin sous 1600 mètres de roches en décembre 1870. Le coût
du tunnel - 75 millions de francs - est somme toute modeste par rapport
au prix de construction et surtout d'exploitation d'une ligne devant escalader
la montagne. Les rampes d'accès atteignent une altitude de près de 1300
mètres. |
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La profonde transformation dans les transports entre la France, l'Angleterre et l'Italie encourage les Suisses à percer les Alpes pour permettre une communication rapide, par leur territoire, entre l'Italie, l'Allemagne et la France. Depuis lors, l'histoire semble se répéter...
Tunnel du St. Gotthard
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Ce tunnel, réalisé avec la collaboration de l'Italie
et de l'Allemagne, relie le Tessin et l'Italie à la Suisse centrale et
Zürich. Il fut construit par l'ingénieur
de génie Louis Favre de Genève, qui mourut misérablement d'apoplexie dans
une galerie du tunnel.
Les quinze kilomètres de galerie souterraine furent percés en dix ans, de
1872 à 1882. |
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L'amélioration des techniques a permis d'atteindre une vitesse de 5.40 mètres par jour (2.25 pour le Mont-Cenis) pour un prix de 58 millions de francs. Ce tunnel donne passage à un mouvement intense de voyageurs et de marchandises.
Tunnel de l'Arlberg
Ce tunnel met en communication Paris et Vienne, par la Suisse. Le percement, commencé à la fin de 1880, fut achevé au commencement de 1884 déjà. L'avancement quotidien dépassait les 8 mètres.
Tunnel du Simplon
En dépit de ces mesures, les conditions de perçage étaient épouvantables, tantôt par des chaleurs étouffantes - plus de 45 degrés à l'intérieur du tunnel - tantôt la galerie était inondée d'eau glacée ou brûlante selon les sources rencontrées.. Malgré ces difficultés considérables, les deux équipes se rencontrèrent en février 1905. Les derniers envahissements d'eau, qui amenaient 1200 litres par seconde dans les galeries furent maîtrisés et le premier train traversa le tunnel le 25 janvier 1906. En raison de sa profondeur, 1700 mètres, le tunnel
du St.Gotthard a été , creusé quasiment à la main par des milliers d'ouvriers, avec des pics et des barres à mine derrière des foreuses hydrauliques. On a compté 4'000 ouvriers du côté suisse et près de 10'000 à certains moments du côté italien. Le tunnel a prélevé son dû, faisant 67 morts durant les travaux.
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